Au début “Quarter”, le mot est ensuite resuffixé en quartier et est employé avec son sens propre de partition (par exemple d'un fruit). Puis, ce mot se spécialise dans les emplois techniques en boucherie et en astronomie pour les aspects de la lune (1611).
En blason, il s'agit d'une spécialisation du premier emploi qui concernait le quart de l’écu.
Par extension, dès la fin du XIIe siècle, il se disait d'un gros bloc de roche, où il prend le sens d’une partie d'une chose inégalement partagée , tant dans l'usage courant et dans les expressions techniques (1680, Quartier de soulier; 1690, Quartier d'une semelle).
Par ailleurs, avec la valeur temporelle “ de quart d'année ”, quartier a désigné un trimestre et par métonymie, un paiement trimestriel (1360).
Une autre extension rend compte du sens spatial très général de pays, contrée (1150); sortie d'usage au profit du sens plus restreint de division d'une ville (1480), attesté indirectement au XIIIe siècle dans l’ancien “ Quartenier ”, officier préposé à la surveillance d'un quartier.
Cet emploi peut avoir un aspect administratif (comme arrondissement), mais il concerne en général toute partie de la ville ayant sa physionomie propre.
| Par deux métonymies, quartier désigne les habitants de cette partie de la ville (1671) et les bâtiments de logement. Ce dernier sens est conservé dans un contexte militaire pour l'ensemble des bâtiments où une troupe est cantonnée dans “quartier général”. L'emprunt “quartier maître ” relève aussi de cette acceptation. Plusieurs expressions du langage militaire sont passées dans l'usage courant avec un sens figuré comme “ quartier général ” (1713). |
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Une autre locution, “ ne pas faire de quartier ”, correspond pas à un être impitoyable. Cette expression est la seule survivante d'une série “donner quartier, demander quartier ”, où quartier désigne le bon traitement accordé à l'ennemi qui se rend (1611), par l'intermédiaire de la notion de sécurité.
Par extension à d'autres domaines de la vie collective, quartier se dit de la partie d'un collège affecté aux élèves d'une catégorie (1798) et se dit aujourd'hui de la partie d'une prison affectée par une catégorie particulière de détenus (1834).
Tiré du dictionnaire historique de la langue française ...