Langues et Religions


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Les Burkinabés se partagent entre 3 religions:
L'animisme
L'islam
Le christianisme

Au Burkina Faso, où l'animisme est la croyance de près de 70 % de la population, plus d'une soixantaine d'ethnies continuent à sacrifier aux génies, aux ancêtres et à toutes les divinités tutélaires qui peuplent la brousse.

Bien que les rites et les représentations des divinités (masques, statuettes) soient très différents d'une ethnie à l'autre, ces religions animistes présentent, néanmoins, de nombreux points communs.

Contrairement à l'idée reçue, les animistes sont, dans la majorité des cas, monothéistes. Ils croient en un dieu unique, grand architecte de l'univers. Mais pour de multiples raisons, qui varient selon les ethnies, ce grand démiurge se retira au fin fond de l'univers peu après avoir créé la terre, les étoiles, les hommes, les animaux, les éléments. Cet éloignement de Dieu explique l'apparition d'un innombrable panthéon de divinités secondaires et de puissances occultes — comme les ancêtres défunts — qui vont rétablir la liaison et servir d'intermédiaires entre les hommes et le Créateur.

Or ces divinités, qui s'incarnent dans la terre, les arbres, l'eau, les pierres, les animaux, ont des comportements qui ressemblent étrangement à ceux des hommes : elles sont capricieuses, susceptibles, voire irascibles et toujours prêtes, lorsqu'elles sont fâchées, à faire tomber sur les villages des calamités de toutes sortes. Ce sont elles qui amènent les maladies qui déciment les hommes et le bétail, la stérilité chez les femmes, la sécheresse qui détruit les cultures, etc. Aussi, toute la vie quotidienne chez les Africains animistes se déroule en tenant compte à tout moment de précautions à prendre, de signes ésotériques à interpréter, de rites à accomplir, de requêtes à formuler auprès des puissances occultes et de sacrifices à leur offrir.

 

Sacrifices et libations

Lorsqu'il veut défricher un champ, par exemple, le paysan africain doit demander l'autorisation au propriétaire — un génie tutélaire —, auquel il sacrifiera une volaille ou offrira des libations. S'il commence les cultures, il sait qu'il est en train de gratter avec sa houe ou sa charrue le ventre de la Mère nourricière et risque de la blesser. Là encore, il doit accomplir un certain nombre de rites et sacrifices avant de tracer son premier sillon. Et quand il va à la chasse, il a bien pris garde auparavant de consulter le devin, de préparer les poisons dont il enduira ses flèches et de prononcer les formules secrètes qui permettront à ses traits de ne pas rater leur cible et de ne pas indisposer les génies de la brousse.

   Dès leur plus jeune âge, les Africains apprennent de la bouche de leurs parents et grands-parents, sous forme de contes et de légendes, les rudiments de toutes ces croyances animistes. Mais il s'agit surtout alors de les familiariser sans les endoctriner car ils sont encore trop jeunes pour en comprendre toute la signification. La véritable révélation aura lieu à la fin de l'adolescence, lors des grands cycles de l'initiation. Soustraits à leur famille, les jeunes gens sont emmenés en brousse, à l'écart du village, et reçoivent des anciens qui les encadrent toute une formation. On leur expliquera la genèse de l'univers, on leur apprendra à mieux connaître toutes les divinités, les tabous, les rites et les codes de conduite qui règlent la vie du village.

 

Les rites des funérailles

  Outre les rites de l'initiation et les fêtes organisées pour faire tomber les pluies, les funérailles sont également prétexte à de nombreuses festivités dans tout le Burkina Faso.

  Pour les Africains, et en particulier chez les animistes, la mort ne revêt pas de caractère de tragédie, comme dans les pays occidentaux, car le défunt ne disparaît pas entièrement du monde des vivants. Alors que le corps, enterré, se transforme en poussière, le « double » s'en détache et, bien qu'il soit devenu invisible, continue d'avoir des relations suivies avec toute sa famille. Ainsi, le défunt apparaît dans les rêves, ou se manifeste lors des sacrifices au travers des postures prises par les animaux immolés. Ayant rejoint le monde des ancêtres — qui sont devenus des divinités —, il peut prédire l'avenir et le faire connaître aux mortels, de même qu'il peut intercéder auprès des autres divinités pour éviter que des calamités s'abattent sur le village.

   L'entrée du défunt dans le monde des ancêtres est conditionnée par les rites des funérailles accomplis par les membres vivants de la famille. Si ces cérémonies sont bâclées ou peu conformes aux traditions, le défunt rate cette entrée et il est condamné à errer dans le village comme une âme en peine, agressant les vivants et multipliant les incartades.

Dès le début des cérémonies, le corps du défunt est généralement transporté sur une civière à dos d'homme et promené dans tout le village pour l'inciter à ne pas revenir tourmenter la population. Afin d'être sûr que le mort ne cherchera pas à se venger, on interroge sa dépouille pour savoir s'il n'a pas été empoisonné par un proche. Si c'est le cas, il faut découvrir au plus vite l'assassin et le punir, sinon le mort ne trouvera pas le repos.

 

 Dans ce pays où les croyances traditionnelles sont encore très vivaces, les grandes religions révélées, comme l'Islam et le Christianisme, n'ont pas réussi à s'imposer en force.

Ainsi, l'Islam qui prédomine dans tout le Nord de l'Afrique et les pays du Sahel semble avoir évité, en partie, le Burkina Faso. Sur une carte, ce dernier ressemble à un îlot, cerné de tous côtés par les adeptes de la religion du Prophète.

Ce sont surtout les régions septentrionales, formant frontière avec le Burkina Faso, qui comptent une proportion très élevée de musulmans. Quant aux régions orientales, elles sont en partie occupées par des Peul et des Touareg musulmans.

L'histoire explique cette anomalie : le Burkina Faso a été gouverné pendant des siècles par les puissantes aristocraties mossi, dont les chefs — les Naba — se sont rarement convertis à l'Islam ; ou alors très tard, comme ce fut le cas des Moro Naba de Ouagadougou, à la fin du XVIIIe siècle. En fait, ces monarques n'y avaient guère intérêt, car leur pouvoir semi-divin était essentiellement fondé sur leurs religions traditionnelles.

Puis, avec la colonisation française, le christianisme sera encouragé aux dépens de l'Islam, dont l'expansion sera freinée par les nouveaux maîtres dans toute l'AOF (Afrique Occidentale Française).

Quant aux régions orientales, elles sont en partie occupées par des Peul et des Touareg musulmans.

 Au total, le Burkina compterait quand même un tiers de musulmans dans sa population totale.

  

L'arrivée des Pères Blancs

Peu de temps après le début de la colonisation française, à la fin du siècle dernier, le christianisme commence à s'implanter au Burkina Faso, avec l'arrivée des premiers missionnaires. Le fameux ordre religieux des « Pères Blancs », créé par le cardinal français  Lavigerie en 1868, tente d'évangéliser le Burkina. Les missionnaires établissent des bases solides au Burkina Faso, en créant de nombreuses institutions, notamment des séminaires, des écoles de catéchistes, des dispensaires, et l'ordre des Sœurs Noires de l'Immaculée Conception.

   Même si, à l'origine, le Christianisme a été parfois perçu par les Africains comme la « religion des Blancs », voire celle des colonisateurs, on ne saurait passer sous silence la masse de dévouement déployée par ces Pères Blancs. Au Burkina Faso, entre autres, ils ont doté le pays de ses premières infrastructures hospitalières fiables et promu un enseignement technique ou général de très grande qualité, dans des établissements implantés sur tout le territoire

Néanmoins, le christianisme, qui serait aujourd'hui la religion de 15 à 20 % des Burkinabé, n'a pas détrôné l'animisme, qui reste largement majoritaire, ni supplanté l'Islam (20 à 30 % de la population).