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Préhistoire
La genèse de l'humanité de l'humanité a eu sans doute pour cadre l'Afrique orientale. Depuis la découverte de nos lointains ancêtres en Ethiopie, on ne retrouve que peu de traces de la migration des Australopithèques vers l'Afrique de l'Ouest.
Dans l'ouest du Burkina Faso, on a découvert des gisements d'outils composés de racloirs, de grattoirs, de pointes, de burins, de haches, des coins, des polissoirs, des herminettes. Près de Dori, ce sont de grands monuments mégalithiques qui ont été exhumés. Des dessins rupestres représentant des animaux et des cavaliers ont été mis à jours près d'Aribinda.
La tradition orale
En fait, l'histoire du pays reste mystérieuse jusqu'à la fin de la période correspondant au Moyen Age européen. On ignore tout de ce qui se passa durant quelques millénaires.
Dans les pays voisins se sont constitués des empires. Les rapports entre ces empires et les peuples du Burkina restent nébuleux.
Il ne reste pas de traces écrites ni de documents témoignant de cette époque. La « tradition orale » se transmet par des dynasties de griots qui rapportent l'histoire sous forme de récits légendaires et épiques.
Pour les scientifiques, ces renseignements sont très sujets à caution. Nul n'ignore que les griots sont les amuseurs publics et de grands flatteurs à la solde des chefs coutumiers.
L'empire Mossi
On situe l’arrivée des Mossis entre le XIe et le XIVe siècle. Celle-ci est rapportée sous la forme du récit légendaire de Yenenga.(lien). La dynastie Mossi se fonde à Tenkodogo. L' expansion va se poursuivre pendant plusieurs siècles et se perpétuer jusqu'à nos jours.
La force de cet empire réside dans une grande centralisation des pouvoirs, qui empêchait l'anarchie et préservait le pays des invasions et des luttes fratricides
Au sommet de la hiérarchie se trouve le Moro Naba. Tout le pouvoir est concentré dans les mains de l'empereur qui cumule toutes les fonctions. L'empire est composé de royaumes, divisés en provinces.
Le royaume le plus puissant sera celui du Yatenga.
Les colonisateurs
Il faudra attendre le 19ème siècle pour que les Européens manifestent de l'intérêt pour les territoires qui s'étendent au cœur de l'Afrique de l'Ouest. Au début il s'agit d'un aspect purement scientifique. Les Européens sont établis dans les "comptoirs" le long de la côte et les régions de l'intérieur sont portées en blanc sur les cartes.
En 1828, le Français René Caillié effectue le voyage à Tombouctou (Mali), sans pénétrer au Burkina. Le lieutenant Binger sera le premier Français à parcourir le Burkina Faso, dans les années 1887-1888.
Mais le partage de l'Afrique vient d'avoir lieu en 1884 durant le Congrès de Berlin. Il ne s'agit plus de dresser une cartographie savante et désintéressée de l'Afrique, mais d'y découper un empire colonial et en piller toutes les richesses.
Les Français en cette fin de siècle (1896) profitent des luttes intestines et des guerres civiles secouant et fragilisant le pays pour établir des alliances avec les belligérants quitte à trahir ces alliances suivant les intérêts. Les français passent des traités de protectorat avec les populations soumises. Les colonnes militaires françaises ont rencontré parfois des résistances farouches.
Refusant de les accueillir, le Moro Naba Wogbo pour éviter des effusions de sang, s'enfuit au Ghana en laissant ce message. « Depuis longtemps, j'ai fait consulter les devins, qui ont tous répondu que, si je voyais un Blanc, j'étais un homme mort. Je sais que les Blancs veulent me faire mourir pour me prendre mon pays. ». Un nouveau Moro Naba sera mis en place par la France afin de signer le traité de protectorat avec la France et pour stopper une avancée des troupes britanniques qui montraient un certain intérêt pour le pays Mossi.
La colonisation
La conquête fut suivie immédiatement par l'occupation ouvrant une ère nouvelle au cours de laquelle les sociétés autochtones connurent des bouleversements de tous genres.
Les Français amènent dans leurs bagages, les premières missions chrétiennes afin d'évangéliser le pays. Il s'agit des "Pères Blancs".
Administrativement, les pays qui constituent aujourd'hui le Burkina Faso devinrent successivement :
territoire militaire de1896 à 1904
membres de la colonie du Haut-Sénégal et Niger de 1904 à 1919. A la veille de la Première Guerre mondiale (1914-1918), un calme apparent semble régner sur tout l'empire colonial français. Mais bientôt, l'enrôlement massif et obligatoire des Africains dans les troupes qui partent se battre en Europe et le travail forcé pour ceux qui restent en Afrique provoquent une révolte généralisée de 1915 à 1917.
A la sortie de la guerre, la Haute-Volta, devient une colonie à part entière et ce pendant treize ans.
Pour des raisons administratives, mais aussi et surtout économiques, la colonie de Haute-Volta fut supprimée en septembre 1932. Il s'ensuivit un démembrement et une partition des cercles entre la Côte d'Ivoire, le Soudan (Mali) et le Niger.
Durant la seconde guerre mondiale, les Africains acquittent une lourde contribution à ce nouveau conflit, et bon nombre de soldats originaires du Burkina Faso feront partie des Tirailleurs sénégalais
L'indépendance
En juin 1947, la colonie de Haute-Volta fut reconstituée sous la pression de ses ressortissants. Elle devint membre de l'Union Française en acquérant le statut de Territoire d'Outre-Mer. La Haute-Volta évolua dans le cadre de l'AOF (Afrique Equatoriale Française).
Sous le régime de la Loi Cadre de 1956, quatre partis occupent la scène politique voltaïque :
le Rassemblement Démocratique Africain (RDA)
le Parti Progressiste Voltaïque (PPV)
le Mouvement Populaire Africain (MPA)
le Parti Social pour l' Emancipation des Masses Africaines (PSEMA)
Ces partis, à travers leurs alliances mais aussi leurs divisions, ont conduit la Haute-Volta à la République le 11 décembre.
Le RDA s'impose petit à petit, dirigé par Maurice Yameogo. Elu Premier Président de la République de Haute-Volta en 1958, il proclame son indépendance le 5 août 1960 et impose le Parti Unique. Il sera destitué en 1966 suite à un fort mécontentement populaire.
Entre 1966 1982 se succèdent régimes militaires et régimes constitutionnels.
Le Burkina Faso
En 1983 règne le Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National
(CMRPN), organe dirigeant du pays. Ce régime d'exception ne réussit pas à endiguer les tensions sociales. Il est à son tour renversé le 7 novembre 1982 par de jeunes officiers réunis dans un Conseil de Salut du Peuple (CSP). A sa tête est hissé Jean-Baptiste Ouedraogo. Ce dernier nomme comme Premier ministre le capitaine Thomas Sankara avec lequel il se trouve rapidement en conflit ;
Thomas Sankara est évincé en mai 1983. Ce départ provoque une division au sein de l'armée dont une partie. Sous la conduite de plusieurs militaires dont Thomas Sankara, le CSP est renversé dans la nuit du 4 août 1983. Les nouveaux maîtres du pays proclament la Révolution Démocratique et Populaire (RDP) et installent un Conseil National dela Révolution (CNR).
Le 4 août 1984, la Haute-Volta devient le Burkina Faso (Pays des Hommes Intègres). Un nouveau drapeau et un nouvel hymne sont adoptés, le pays divisé en 30 provinces. Des campagnes furent lancées contre la mendicité et la prostitution, pour le sport de masse et le port du «Faso Dan Fani», le costume national La révolution de Sankara modifia finalement peu la vie des populations rurales, majoritaires, mais Sankara est en grande partie demeuré, dans l’esprit des Burkinabés, une figure héroïque, représentant un idéal d’émancipation nationale et de progrès.
Le CNR, à son tour, est victime du mécontentement populaire. Son chef, Thomas Sankara, accusé de déviationnisme et d'autocratie, est assassiné le 15 octobre 1987.
Le capitaine Blaise Compaoré prend le pouvoir. Le Conseil de la Révolution dissous, est remplacé par le Front Populaire qui prône d'abord l'ouverture démocratique, puis le retour à une vie constitutionnelle normale.
Le renouvellement de l'Assemblée nationale aux élections de mai 1997 a conforté la majorité du parti du Président, devenu le Congres pour la Démocratie et le Progrès (CDP). Les députés sont élu au suffrage universel direct, pour un mandat de 5 ans.
Une Chambre des représentants, dont le rôle est essentiellement consultatif et les membres élus pour 3 ans au suffrage indirect, complète ce dispositif parlementaire.
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