Le retour de Basile au Burkina.

Janvier 2006

Je partage l’idée que nous avons vécu une période forte avec l’accueil de Basile et que cela a fait le plus grand bien à VAL. La solidarité a du bon pour ceux qui la pratiquent.

1- Nous constatons que nous ne pouvons laisser Basile partir sans prolonger l’action. Une partie de notre effort serait vain si nous ne lui permettons pas de reprendre ses études. Il faut chercher une solution qui ne décide pas tout à sa place, qui lui laisse le temps de rattraper le temps perdu.

2- VAL n’ pas pour objectif de soutenir un enfant en particulier sauf si l’ADESS nous le demande. Notre objectif –  rappelons le- est d’initier des relations amicales entre les Longchamps et le village de Siemtanga. Le soutien financier et actif  qui s’en est suivi nous est apparu comme le prolongement naturel de nos actions. Nous devons rester sur un soutien collectif autant que faire se peut.

3- Il ne faut pas que nous donnions l’impression que nous rééditerons ce type d’action, au contraire. Le cas de Basile est isolé et il ne peut être question de le multiplier. Pourtant nous allons recevoir d’autres demandes. Il faut se préparer à  y faire face en disant ce que nous sommes prêts à faire et ce que nous ne ferons pas en tant que VAL. Mon avis est que nous devons plutôt proposer à l’ADESS de trouver ensemble une solution d’aide aux enfants du village dans le domaine de la scolarisation. Il peut s’agir de soutien à la cantine de ceux qui doivent aller à Koudougou, autant que des soutiens de livres ou de matériel pédagogique.

4 Pour revenir au cas de Basile , le soutien d’une action scolaire est sûrement possible et pas trop chère. Félicité nous dira ce qui est possible car Basile a dépassé l’âge de la scolarité obligatoire et ne peut donc retourner à l’école publique normale. Je penche pour un paiement  directement à l’école qui le recevra. Le plus tôt est le mieux .

Basile a eu une chance immense dont nous avons profité en l’accueillant. Il en fera usage avec ses moyens, sa curiosité et en prenant conscience de la différence entre ce qu’il a vu et ce qu’il pourra décider pour lui. Il reviendra à Siemtanga avec la gloire du voyageur. Il est celui qui est passé de la menace de mort à celui qui peut parler avec l’expérience d’un lieu où ses camarades ont tous envie d’aller. C’est déjà énorme. Bientôt il aura un vélo et va retrouver sa capacité de déplacement.

Il faut donc saisir l’occasion de reprendre avec l’ADESS le contact pour savoir ce qui est important pour Siemtanga. Nous sommes dans une dynamique qu’il convient de faire fructifier avec notre partenaire. Je compte sur vous pour proposer des idées qui dépassent la situation de Basile

Vincent MICHON

Président de l'association Vivre Aux Longs Champs