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L’association VAL et le groupe Burkina remercient tous les habitants du quartier des Longs-Champs et même au-delà toutes les personnes ainsi que leurs familles qui se sont mobilisées pour accueillir Basile à l’occasion de son opération cardiaque. Nos remerciements au Cercle Paul Bert d’avoir mis à notre disposition la salle annexe et la salle polyvalente ainsi qu’au docteur Couatermanach’ d’avoir assisté bénévolement Basile durant son séjour. Arrivé le 30 novembre à Rennes, opéré le 8 décembre, Basile a bien supporté l’hospitalisation à Pontchaillou et la courte convalescence à Saint Laurent. Bravo et merci aux médecins et au personnel. L’accueil de ce jeune « Pingwende » Yameog o, Basile, (honoré de(s) dieu(x) en moré, son prénom dans sa langue maternelle) a été un moment fort pour l’association et a tissé des liens.
François Yameogo, membre de l’ADESS et « frigoriste » à Koudougou avait confié cet été au petit groupe qui séjournait là bas que notre association VAL était « comme une maman » pour leur village. Les puits, le moulin à céréales, la réserve de mil pour la cantine, les fournitures et matériel pour l’école, les médicaments, tous ces fruits de nos actions sur le quartier illustraient bien, c’est vrai le côté maternel et l’oralité. Basile, lui, en a sucé des mamelles pendant son séjour à Rennes ! et avec quelle avidité, laissant craindre à certains une saturation, un trop plein. Mais, c’est lui qui nous dira, plus tard, s’il a bien digéré et respiré suffisamment. Dans ce genre d’opération humanitaire, on ne peut pas occulter cette question, dérangeante certes, de notre société occidentale qui serait un modèle… Tous ceux qui ont vécu un peu en Afrique ont été confrontés à cette illusion, ce rêve, dont nous participons tous un peu…
Basile a vécu le quotidien de quelques familles, joué avec des enfants petits ou grands, partagé la Noël, et s’est même montré un élève studieux au collège ou au lycée. Il s’est dit choqué par le gâchis de nourriture à la cantine, et par « l’irrespect » des élèves envers les enseignants… De son appétit généreux, on retiendra son habilité au lance-pierre, pour améliorer l’ordinaire de quelques grives bien grasses… Sans délaisser djembé ou tambour d’aisselle, il a vite appris des airs de piano ou d’accordéon, parfois à des heures tardives… Après la frénésie du stade lors du match Rennes-St Etienne, il a savouré la sérénité du golfe du Morbihan, fasciné qu’il était par les myriades d’oiseaux. Sur les côtes plus sauvages de St Malo, il a joué aux Corsaires et admiré les remparts. Que de banco, que de briques ! Du plancher des vaches et autres cochons, volailles, etc… il a dévalé en luge les pentes du Mont Revard, près d’Aix les Bains, dans la famille de notre bon docteur Gé ! Lorque vous lirez cet écrit, la neige qu’il a mise en boite pour l’emporter à Siemtenga aura fondu, mais il trouvera les mots pour exprimer à ses proches la joie de la glisse, et les brûlures du froid… On pourrait encore en rajouter, car Basile a vécu un mois d’intenses rencontres, trop brèves sans doute, et découvertes, et il a apporté beaucoup de bonheur.
Aux dernières nouvelles il a repris sa scolarité dans un collège privé de Koudougou, heureux de pouvoir vivre désormais comme les jeunes de son âge et très dynamisé par ce séjour en France. Il va pouvoir laisser décanter les choses, les expériences vécues ici. Puisse t-il œuvrer par la suite pour son village, et pour son pays, conscient de la chance qu’il a d’avoir un cœur « tout neuf ».
Désormais, il reste à l’Association à tirer les leçons de cette belle chaîne de solidarité, qui a démarré il y a déjà 2ans. Sur le plan de la santé il y a des besoins énormes qui dépassent les moyens de notre Association, et n’entrent pas dans notre champ de compétences, ni de nos objectifs. Les médecins qui ont aidé Basile envisagent des actions sur place, dans les hôpitaux du pays. Nous serons bien sûr attentifs à ces projets. Dans la culture africaine, c’est le collectif qui prime. La terre, le temps, le savoir, appartiennent à tous.
Notre soutien est destiné à l’ADESS, un collectif de village, qui se prend en main, et nous guide dans les actions à mener, sur le plan concret, dans leur vie quotidienne. Il y a des projets à court terme comme la constitution d’une troupe de danseurs et musiciens (aide au financement des costumes), et à plus long terme, comme l’alphabétisation des femmes, notamment, le parrainage des orphelins et l’aide à la scolarisation. Cela demande du temps pour bien collaborer et correspondre à la culture Burkinabé, si riche et complexe. Toutes les actions de type parrainage doivent être considérées dans une vision collective, et bien ciblées. Bien sur que nous nous réjouissons de ce dont Basile va bénéficier, dans le prolongement de son séjour médical ici. (vélo, frais de scolarité, etc…) Mais ce soutien à long terme ne relève pas directement désormais de notre association Burkina Val, centrée sur les liens amicaux et culturels avec le village et des aides financières alimentées par les soirées, actions dans le quartier, et par la générosité des habitants des Longs Champs et au-delà.
NB : Réservez le 11 mars. Fest Noz pour le Burkina !
Gilles Picaut
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