L' E P I  des palabres

Comme il se doit, tout avait commencé par le rituel des salutations, signe de reconnaissance de l’autre, ami, voisin, parent ou étranger. Rythmique langagière qui ouvre à la communication et belle entrée en matière pour ces deux associations VAL et CPB qui unissaient leurs forces vives afin d’accueillir aux Longschamps le Burkina-Faso.        Qui de Félicité et de Michel L. pouvait mieux l’exprimer ?

Tous les jours, l’exposition dans la halle a vu des centaines de personnes s’informer, s’étonner et craquer pour tel ou tel objet ou tissu africain.. Durant les 6 mois de préparation, Métissage, l’APAB, Burkin’asso, Un vélo pour l’Afrique ont apporté leur soutien et ont été présents dans la réussite de l’opération. On se serait cru, notamment les samedi 3 et 10 mars sur la place de marché au cœur de l’Afrique de l’Ouest : tresses africaines, portage de bébés, réparation de vélos, danses et chants ( de Bretagne aussi, Merci à la Bouèze !) .

« L’opération vélo »  a été un vrai succès, non seulement par le nombre de vélos remis aux bons soins des réparateurs ( Merci Roger L.) - grâce à l’association « Un vélo pour l’Afrique », ils seront acheminés vers Siemtanga et d’autres régions d’Afrique – mais surtout par la sensibilisation au rôle du vélo là-bas au Burkina. M. Hallab et ses compagnons de St Nicolas de Redon ont su nous alerter et leur initiative est créatrice. Le film réalisé par la chaîne « Planète » sur le Tour cycliste du Faso et illustré par L. Caradec de la société du Tour de France fut un grand moment le 2 mars. Choc des cultures et des moyens, découverte saisissante, de ce qu’on nomme pudiquement le dialogue Nord-Sud, sous un angle insolite.

Les divers débats et palabres furent très riches et ont permis à chacun de s’interroger sur le sens de sa présence et de son action pour ce pays si démuni certes, mais plein d’atouts.

Le fonctionnement de « Métissage » et J.Badouel avec sa banque de matériel, ses ateliers d’artisanats, la création d’un centre de  tourisme solidaire etc.… a fait naître des questions : quels coups de pouce donner aux gens de là-bas, dans leur village pour qu’ils se prennent en charge eux-mêmes ? Serions-nous de simples donateurs ? Comment aider la société civile sans tenir compte des gouvernants en place ? Nous avons pu illustrer comment l’ADESS à Siemtanga tire profit de nos actions ici, et lors d’une soirée-débat sur l’école en pointer les limites voire le écueils. Merci à Nolwenn, Elise, Elodie et les autres qui ont vécu des moments intenses au sein de l’école de Siemtanga, pour leur sincérité. Dès cet été, d’autres jeunes vont s’impliquer.
H. Sirima et S.Hema ont su évoquer l’histoire, la colonisation et les indépendances factices, les positions totalitaires de la Banque Mondiale qui voudrait conférer à l’école, par le biais du privé, un statut élitiste…Quelle langue écrite promouvoir dans un  pays qui comporte 60 langues différentes ?

Pour prolonger ces réflexions, un superbe film burkinabé « Sia ou le rêve du Python » a permis de plonger dans la mythologie de l’Ouest Africain et d’en comprendre les enjeux actuels .T. Diakité, historien et H. Sirima, enseignant, nous ont aidé à situer le rôle des femmes, la place des griots et leur ancrage dans l’histoire du village, celle du bouffon, du fou qui sait parler au peuple.

Belle illustration du pouvoir et du sacré et d’un peuple tiraillé entre les traditions, la pensée magique et les risquel de la modernité.

On n’oublie pas non plus les échanges prolongés jusqu’à tard dans la nuit, autour de jus de gingembre, bissap ou cidre et autres beignets, souvent agrémentés de chants et danses initiés par d’infatigables «  mousso » n’est-ce pas Sali, Cadi, Germaine, Félicité, Brigitte, Anta etc.…Il falait les suivre lors du repas du 10 mars ! Balafon et percu ont charmé les 250 personnes présentes et qui n’a pas été entrainé par la fougue de ces belles africaines dans leurs danses endiablées ?

Au fait, si vous rencontrez au bord de l’étang, un lièvre ou un lion, dites-leur d’aller voir Félicité et son compère Gérard …ils s’en dépatouilleront !